Dimanche 30 septembre 2007
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Pour ceux qui n'ont pas pris de notes et qui ne se souviennent plus de tous les détails, voici un petit récapitulatif du
séjour...
Je vous fais part de mon descriptif qui va du samedi au samedi!
Il est composé de mes notes prises généralement le soir, une fois la journée passée (pour faire travailler la mémoire!), c'est ce qu'il me reste des explications de notre guide Alloui et puis de
compléments piochés sur wikipédia pour détailler des techniques...
Dimanche 16 septembre
Tunis d'hier à aujourd'hui...
Visite des thermes d'Antonin à Carthage
Les thermes ont été construits au II°siècle ap J-C en 20 ans des règnes d'Hadrien (117-138) à Antonin (138-161) son successeur. Le plan est symétrique avec de chaque côté
de l'entrée un gymnasme, un palestre, une piscine couverte, des salles chaudes (caldarium) et froides (frigidarium)...
C'est un très grand bâtiment d'environ 25m de hauteur mais aujourd'hui il ne reste plus que les sous-sols, donc il est difficile de se rendre compte de son ampleur. Heureusement que la maquette
(fruit de 10 ans de fouilles...) nous donne une petite idée des thermes dans toute leur splendeur!
Il y avait un horaire pour les hommes et un autre pour les femmes, à cette époque, les thermes ne sont déjà plus mixtes. Cette tradition a d'ailleurs été reprise pour les hammams.
Entourant le bâtiment principal se trouvaient des auberges... et aussi des latrines en demi cercle sur plusieurs étages, lieu de discussions (politique...) et dont les eaux usées étaient
rejetées dans la mer. Le sportif avait ainsi de quoi s'occuper toute la journée car les thermes se trouvaient en dehors de la ville (à 4 km) et cela pour 3 raisons:
- la proximité avec la mer. En effet, les thermes par l'utilisation de bois et de chaleur représentent un risque important d'incendies qui ont dévastés des villes. La mer sert donc de
réservoir pour éviter la propagation du feu des thermes à la ville.
- la seconde découle de la première, comme il faut chauffer les thermes cela nécessite une importante quantité de combustible qu'il faut alors stocker.
- et enfin, la nécessité de l'approvisionnement en eau douce grâce un système complexe d'aqueducs (pour ceux qui se souviennent de leurs cours de latin: aqua, ae: l'eau et ducere:
du verbe conduire!) captant plusieurs sources. Ce réseau d'aqueducs est même plus important que celui du Gard. On y trouve le plus grand aqueduc du monde romain (avec aux thermes, par un trou
encore visible, un débit de 375 litres par seconde!).
En allant sur Tunis, nous sommes passés devant la colline de Birza où vers 1852 l'archevêque a fait construire une cathédrale sur l'emplacement du tombeau de Saint Louis (1226-1270),
mort de la peste à Tunis lors de la 8ème croisade. Une partie des restes du roi a été enterrée ici. Une autre partie a été placée dans une urne située dans la
Basilique de Monreale à Palerme. Son
corps fut amené à la basilique de
Saint-Denis mais il disparaît pendant les guerres de religion. Seul un doigt est sauvé et est
conservé à Saint-Denis. Enfin, des reliques conservées en Sicile furent amenées en Tunisie lors
de la consécration de la cathédrale Saint-Louis de Carthage à la fin du XIXe siècle, et finalement, lors de l'indépendance de la Tunisie, ramenées en France et déposées à la Sainte-Chapelle.
Vers Tunis... Sidi Bou Saïd
Tunis, capitale politique et économique peuplée de près de 2 millions d'habitants sur les 10 millions de
Tunisiens. 1 Tunisien sur 5 vit en ville et dans la capitale. 3 lacs de plusieurs hectares de superficie mais d'une profondeur maximale de 2 m entourent la ville et servent aujourd'hui de terrain
de construction puisque des centaines d'hectares ont été gagnés sur l'eau par des investisseurs saoudiens qui ont fait appel à des compagnies hollandaises pour loger 350 000 et 150 000
personnes.
La capitale est divisée en divers quartiers plus ou moins populaires (La Goulette, Marsa...) reliés par le TGM (Train La Goulette-Marsa). Nous en avons visité un en particulier, parmis les plus
riches...
Sidi Bou Saïd, tout en blanc et bleu avec de magnifiques portes de style andalou reflétant le statut social des propriétaires (en Tunisie, la majorité des tunisiens sont propriétaires de leur
habitation: 85%, la location n'existe que dans les grandes villes).
Nous avons visité une maison en particulier, celle d'un juge. Maison, par la condition sociale de son propriétaire, somptueuse, composée de 55 chambres, dont seulement quelques unes pouvaient être
visitées, les autres étant encore habitées par les héritiers du juge. Tout en finesse et dans le détail: fleurs, faïence, bois sculpté, fer forgé, chaises incrustées de nacre, cours intérieures et
puis une terrasse avec une vue magnifique...
Le musée du Bardo
Il s'agit d'une ancienne résidence beylicale qui abrite
aujourd'hui le siège des deux chambres du Parlement tunisien (45 femmes députées sur 169 députés) ainsi que le Musée
national ouvert en 1888.
Les salles sont en elles-mêmes très belles. En bois peint de couleurs vives ou voûte époustoufflante toute de stuc (mélange de poudre de marbre, colle et eau avec des fibres de
chanvre) sculptée!
Le musée habrite la plus grande collection de mosaïques qui proviennent de différents sites romains en Tunisie.
Nous ne sommes, à mon plus grand regret, pas restés très longtemps alors qu'il y en avait tant à voir...
C'était vraiment magnifique, toutes ces couleurs qui ont traversé le temps sans perdre de leur éclat mais qui nous font pâlir d'admiration!! Un vrai régal pour les yeux...
La mosaïque, art des muses...
La mosaïque (du grec ancien μουσεῖον / mouseion par le latin musiuum opus, « appareillage de pierres polies qui appartient aux Muses ») est un art décoratif où l'on utilise des fragments de pierre, d'émail, de verre ou encore de céramique, assemblés à l'aide de mastic ou d'enduit, pour former des motifs ou des figures. Quel que soit le
matériau utilisé, ces fragments sont appelés des tesselles. La mosaïque était beaucoup utilisée pendant l'Antiquité pour la décoration intérieure des maisons et des temples.
Voici les méthodes...
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la méthode directe : c'est la plus simple et la plus
rapide des trois méthodes. Après avoir effectué un dessin au fusain sur le support, on applique une couche peu épaisse de colle sur les zones à travailler. On dispose d'abord les tesselles
les plus grosses, puis on insère les plus petites; cette disposition se fait de l'extérieur vers l'intérieur. Ensuite on applique une couche de mortier (pour faire les joints entre les
tesselles) que l'on nettoie après séchage.
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la méthode indirecte : on colle les tesselles à l'envers sur un support provisoire, pour obtenir une surface plane. Puis on colle
le tout sur le support définitif, et on enlève le fond provisoire. Le support provisoire est fait de peaux d'animaux très fines.
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la méthode double : c'est une combinaison des méthodes directe et indirecte.
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Pour déplacer la mosaïque de son site au musée on utilise un
produit qui dissout le mortier, de la colle sur les tesselles qui sont ainsi collées sur un tissu avant d'appliquer une autre solution, permettant de décoller les tesselles. Ainsi, les mosaïque
ne sont pas abîmées, plus besoin de détruire une partie de l'oeuvre pour la transporter...
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La plupart des oeuvres sont décomposées en registres, généralement 3, allant de haut en bas. Cela permet de donner du mouvement à la
scène en représentant les différents moments chronologiques qui la composent. Une sorte de bande-dessinée!!
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Les sources d'inspiration des motifs représentés concernent surtout: des scènes de chasse, pêche, vie quotidienne (précieux témoignages
pour les historiens!) et agricole (le Domaine de Julius), sports, jeux du cirque et mythologie (Ulysse et les Sirènes, Le triomphe de Neptune)
Les mosaïques que nous avons vues:
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Virgile écoutant Clio et Melpomène : cette pièce, trouvée à
Sousse (antique Hadrumète) et située dans la salle éponyme, constitue l'un des joyaux du musée car c'est l'un des plus remarquables portraits de l'illustre
poète romain Virgile vêtu d'une ample toge
blanche décorée de broderies. Entourée des muses Clio et Melpomène, il tient, dans
sa main posée sur ses genoux, un rouleau de parchemin où sont écrits des extraits de L'Énéide : « Musa, mihi causas memora, quo numine laeso,
quidve... » (Muse, rappelle-moi les causes, dis-moi pour quelle atteinte à ses droits sacrés, pour quelle...). C'est également la seule mosaïque murale retrouvée dans un si bon état (les
murs de la maison s'étaient effondrés, protégeant ainsi la mosaïque)!
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Domaine du seigneur Julius : l'une des pièces maîtresses du musée, elle représente un
grand domaine au milieu duquel se dresse une villa entourée de scènes réparties sur trois registres. Au milieu à gauche, le propriétaire arrive à
cheval suivi d'un valet. À droite, un départ pour la chasse est représenté. Dans le registre supérieur, le tableau offre des scènes évoquant
l'hiver et l'été. Au centre, on voit la femme du propriétaire dans un bois ombragé de cyprès. Enfin, dans le registre inférieur, on voit la maîtresse appuyée à gauche
sur une colonne et le maître du domaine assis à droite dans un verger qui reçoit de la main d'un serviteur une lettre sur laquelle on lit « D(omi) no Ju(lio) » (Au seigneur
Julius). Cette œuvre date de la fin du IVe siècle ou du début du Ve siècle et
provient de Carthage.
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Les cyclopes forgeant les foudres de Jupiter : il s'agit d'un pavement
de frigidarium illustrant trois cyclopes : Brontès, Stéropès et Pyracmon. Nus, ils forgent les foudres de Jupiter
que Vulcain, assis en face d'eux, maintient sur l'enclume. La mosaïque
date de la fin du IIIe siècle et provient de Dougga.
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Triomphe de Neptune : Il s'agit d'un pavement d'atrium. Au centre figure, dans un médaillon, Neptune la tête nimbée et monté sur un quadrige traîné par
quatre hippocampes. Aux angles figurent, sous des berceaux de feuillages variés, quatre figures féminines symbolisant
les saisons. La mosaïque date du milieu du IIe siècle et provient de la Chebba.
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Ulysse et les sirènes : ce tableau est inspiré de L'Odyssée : sur un bateau à deux voiles et à un rang de rame, orné d'une tête humaine et d'une palme,
le héros grec apparaît debout, les mains attachées au grand mât pour éviter de succomber au charme fatal de la musique des sirènes. Autour d'Ulysse sont assis ses compagnons
les oreilles bouchées de cire comme le relate la légende. Au pied d'un escarpement rocheux se tiennent trois sirènes représentées avec un buste de femme auquel
s'attachent des ailes et des pattes d'oiseaux. L'une d'elles tient une double flûte, l'autre
une lyre, la troisième sans instruments considérée comme la sirène chanteuse. L'œuvre, qui provient du site de Dougga, est datée aux environs de 260.
Virgile écoutant Clio et Melpomène
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Domaine du seigneur Julius
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Les cyclopes forgeant les foudres de Jupiter
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Les champs élysées tunisiens, l'avenue Habib Bourguiba
Après le musée du Bardo nous avons été au marché couvert des chéchias (couvre-chef national bordeaux avec un pompom noir!). Une succession de 9
artisans différents est nécessaire pour sa fabrication! Il s'agit de laine feutrée à l'eau chaude et au savon, puis cardée, teinte...
Les Tunisiens, même si c'est traditionnel, ne le portent presque plus... mais il est encore beaucoup produit pour l'exportation à l'étranger...
Puis nous avons été sur l'avenue Habib Bourguiba et ensuite dans un marché couvert. J'en ai surtout retenu l'odeur nauséabonde du poisson à
cause de la chaleur (déjà que je déteste cette odeur dans nos marchés où pourtant il y a de la glace!), plus répugnante que les étalages de viandes!! Mais je ne pense pas être la seule
à m'être sentie olfactivement agressée!!
Par Camille
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Publié dans : Descriptif du séjour
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